DkoMaison : Quels sont vos créateurs de référence ?

Ils sont nombreux : Maarten Baas, Marcel Wanders, Starck, bien sûr. Nous sommes influencés par ce qui nous entoure et, d’une certaine manière, tout a déjà était fait. Mais, tenter de réinterpréter les objets à sa manière, je crois que là est la nouveauté. Ce sont les circonstances et les lieux où j’ai vécu qui ont forgé mes goûts, et m’ont donné cette envie de créer en mélangeant les genres. J’aime voyager à travers les styles et les époques, détourner les objets, créer l’inattendu…

Medusa Maure de Venise

DkoMaison : Comment est née cette collection ?

Ma toute première création, c’est Esquisse. C’est un hasard ou une chance, comme vous voudrez. A l’époque, je cherchais une table basse. En allant chiner chez Drouot, j’ai découvert un porte-folio d’aquarelles du XIXe siècle représentant des lustres. Par la suite, lors d’un voyage à Venise, j’ai eu un véritable coup de foudre pour un lustre de Murano, et l’idée de créer une table basse s’est imposée : je voyais le lustre au sol, les aquarelles disséminées autour, un socle, un cube en plexiglas. J’ai finalement réalisé Esquisse avec l’aide de mon fils, qui avait alors 12 ans. Les réactions ont été très positives et encourageantes. Mais, si les idées viennent vite, le processus technique reste long et complexe : est-ce que ça se perce, ça se colle, ça se visse, ça tient en hauteur, ça s’allume ?… Deux ans et demi ont été nécessaire pour finaliser cette première collection.

Esquisse Liana Yaroslavsky

DkoMaison : Vous cultivez un style haute-couture et le goût de l’exclusif.

Ces créations sont, pour moi, comme des tableaux que je réalise en séries ultra-limitées ou en exemplaires uniques. Certains modèles sont reproductible ou peuvent être déclinés avec des variations de matières. Mais, je ne veux pas refaire ce que j’ai déjà fait et risquer de lasser, ou de me lasser. J’aime l’idée de l’objet qui donne une direction à la création. Pour Décadence, ce mariage d’un lustre suédois du XVIIIe siècle et d’une tapisserie Napoléon III était aussi décalé qu’évident. J’aime aussi concevoir des modèles ex nihilo et partir en quête d’une technique, d’un véritable savoir-faire. Pour Cocaïne, j’ai fait réaliser des boules en verre soufflé qui donnent l’impression d’être extrêmement fragiles, alors qu’en réalité elles ne le sont pas. Mettre en scène, dans un cube de plexiglas, un morceau de parquet de Versailles sous une pluie de cristaux de bohême, ce sont autant de contrastes qui créent une tension très positive.

Dernière minute
Si les projets ne manquent pas, l’espace, en revanche, commence à lui faire défaut ! Liana Yaroslavsky recherche un local, à la fois atelier et lieu d’exposition, entre 80 et 100 m2, dans Paris ou l’Ouest parisien. A bon entendeur…

Pluie Le bal

En savoir plus

www.lianayar.com


Elsa Burette