Décryptons nos "chères" factures d'eau

Publié le 26/06/2009 - Imprimé le 20/09/2019

Décryptons nos "chères" factures d'eau

À réception de leur facture, les consommateurs trouvent toujours le prix de l'eau très élevé. Pourtant, à y regarder de près, la part de liquide en elle-même est assez modérée.


Pour une denrée qui “tombe du ciel”, le prix de l’eau semble toujours trop élevé. Pourtant, on le sait trop peu : à l’état naturel, sans l’intervention de l’homme, l’eau n’est quasiment jamais potable. Pour avoir une eau sûre, régulièrement contrôlée, acheminée à domicile 24 h sur 24, il faut mettre en place des dispositifs de traitement et de transport très coûteux (voir schéma).
Or, selon le principe français du “pollueur-payeur”, les utilisateurs doivent participer à la protection de la ressource puisqu’ils participent à sa pollution par le rejet de leurs eaux usées. Ce qui se traduit sur les factures. Malgré une présentation différente d’une commune à l’autre pour tenir compte des conditions locales d’exploitation, celles-ci sont cependant harmonisées pour en permettre une meilleure compréhension.

Ainsi, sont systématiquement mises en évidence les trois composantes essentielles du prix de l’eau : “distribution de l’eau”, “collecte et traitement des eaux usées” et “organismes publics”.


Source, les Agences de l’eau

Sur la voie de la stabilisation

Sur ces trois postes, le premier représente la part prépondérante de la facture : 46 % selon la dernière enquête du BIPE/FP2E portant sur l’année 2005. Certes. Mais non seulement c’est moins de la moitié de la facture finale, mais en plus cette part comprend à la fois la matière première et son acheminement. Les 54 % restants sont répartis entre les taxes et redevances (environ 17 %, dont la TVA à 5,5 %) et la collecte et le traitement des eaux usées (environ 37 % de la facture).

Il est donc plus juste de parler de prix du service de l’eau plutot que de prix de l’eau. Concrètement, cela se traduit, pour un ménage de 4 personnes, par une dépense annuelle moyenne de 300 à 350 € sur la base d’une consommation de 120 m3. Ce qui porte le prix du m3 à 2,85 €, soit moins d’1 € par jour pour avoir de l’eau potable à domicile et assurer sa dépollution… Vu sous cet angle, les choses paraissent beaucoup plus raisonnables.

Quant à l’évolution des prix, la tendance est à la stabilisation. D’après les données recueillies chaque année par le Syndicat professionnel des entreprises de services d’eau et d’assainissement, le prix de la facture annuelle moyenne a augmenté de 0,5 % à 2,8 % par an entre 1998 et 2005. Si vous habitez une zone où les investissements ont été réalisés, la stabilisation devrait se poursuivre. En revanche, si cela n’a pas encore été fait, il faut vous attendre à de nouvelles hausses…

Alice Jallaud