Aménager une chambre d'hôtes chez soi : un bon plan ?

Publié le 05/02/2010 - Imprimé le 19/09/2020

Aménager une chambre d'hôtes chez soi : un bon plan ?

Acheter une jolie demeure ou aménager sa maison pour créer des chambres d'hôtes, ça fait parfois rêver. Mais attention, se lancer dans l'aventure mérite une petite mise au point. Interview de Clotilde Mallard, directrice des opérations des Gîtes de France.





DkoMaison : le revenu tiré des chambres d’hôtes permet-il d’en vivre ?

C.M : cela arrive dans certains cas, mais le plus souvent, il ne faut pas compter sur les chambres d’hôtes pour vivre. Il s’agit plutôt d’un revenu d’appoint. D’après une étude que nous avons réalisée en 2005, l’investissement moyen pour aménager trois* chambres était de 42 000 €. Or, le chiffre d’affaires, pour une moyenne de 2,9* chambres, s’établit à environ 15 000 € par an, un chiffre qui passe à 19 000 € par an pour les propriétaires qui proposent également la table d’hôtes.
* La moyenne est de trois chambres, mais la législation autorise jusqu’à 5 chambres d’hôtes.

DkoMaison : la création de chambres d’hôtes concerne-t-elle essentiellement les retraités qui améliorent ainsi leurs revenus ?
C.M : cela existe. Il s’agit notamment de personnes dont la maison est devenue trop grande pour elles depuis que les enfants sont partis et qui se procurent ainsi des compléments de revenus. Mais il s’agit aussi d’un choix de vie. Ces dix dernières années, les profils de néo-ruraux et de jeune familles sont devenus plus présents. Il s’agit de personnes qui décident de quitter la ville pour s’installer à la campagne, soit en achetant une maison, soit à l’occasion d’une succession.

DkoMaison : quels conseils donner à ceux qui envisagent de créer des chambres d’hôtes ?
C.M : tout d’abord, il faut avoir le goût de l’accueil. La seule motivation économique ne suffit pas. C’est ce qui fait la différence dans une optique de fidélisation.

Ensuite, il faut visiter des chambres d’hôtes en activité avant de se lancer dans l’aventure. Il faut discuter avec les propriétaires pour visualiser les contraintes, la disponibilité que cela nécessite et l’organisation que cela demande. Cela permet de mieux apprécier la réalité de l’activité.

Enfin, en cas d’acquisition du bâti à cette fin, il ne suffit pas de s’intéresser aux régions qui ont le meilleur taux d’occupation ou dans lesquelles les subventions sont les plus intéressantes. Encore faut-il trouver le lieu de vie qui vous plaise.

Propos recueillis par Patricia Erb, le 05/02/10